Appel à contributions

 

 

Les propositions, de 500 mots maximum avec une courte notice biobibliographique, seront envoyées à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , avant le 27 mars 2015.

 

Après décision du comité de rédaction, les textes définitifs devront être envoyés à la rédaction avant le 30 juin 2015.

 

 

 

 

 

Les gestes, à voir et à pratiquer, à l'époque moderne

 

 

 

 

 

         Le prochain numéro de la revue Europa Moderna portera sur une dimension majeure de l’histoire du corps à l’époque moderne, à savoir la gestuelle, que les historiens ont peu explorée depuis La raison des gestes dans l’Occident médiéval de Jean-Claude Schmitt en 1990. Le geste, les gestes sont ceux du corps en tant que médiateurs de l’individu et contribuent à sa présentation – dimension psychologisante évoquée par André Chastel (« L’art du geste à la Renaissance », Revue de l’art, n°75, 1987, p. 9-16) – tout en établissant les repères nécessaires à la communication entre les individus, voire l’interaction en vertu de leur performance dans des espaces ou territoires qui les déterminent en partie et les ritualisent. De l’espace de la maison, du lieu public et/ou institutionnel (cour de justice par exemple) à celui de la cour du prince, les gestes ont une identité propre fixée par la nature des relations de pouvoir et de sociabilité. Aussi, les gestes, dont les contemporains ont pu témoigner à travers des descriptions narratives et visuelles, sont notables par leur fonction sémiotique et les codes d’ordre culturel qu’ils révèlent en les reproduisant ou en les transgressant. Un geste, devenu une trace du passé, est un discours en soi dépassant l’acteur lui-même pour atteindre tout le groupe et prendre ainsi une « épaisseur » sociale (R. Muchembled, « Pour une histoire des gestes (XVe-XVIIIe siècles) », RHMC, 1987, p. 87-101) fortement liée à des pratiques culturelles d’ordre religieux, tel le baiser sur la bouche qui est repérable également dans d’autres sphères en signe d’égalité, ou d’ordre politique dans le cadre des cérémonies et des cérémonials – voir les nombreux gestes codifiés de la liturgie royale par exemple ou encore des événements politiques tels que les réceptions diplomatiques -, voire encore d’ordre civilisationnel avec l’élaboration des règles de civilité depuis la Renaissance. Il existe bien d’autres domaines d’expression du geste que ce numéro aimerait aussi mettre en évidence.